Après avoir fait une review disponible juste-ici sur les premiers tomes des light novels Sword Art Online et Spice & Wolf des éditions Ofelbe, je vous avais promis une critique plus complète, mais cette fois-ci sur chacun des tomes.

On va donc commencer par le tome 1 de Sword Art Online, et rien de mieux qu’un petit synopsis pour vous faire une idée si vous ne connaissez pas la série.

Synopsis :

Un « Game Over » entraînera une mort réelle.
Kirito a accepté cette certitude depuis qu’il a décidé de combattre en « solo » à l’intérieur de l’Aincrad, cette gigantesque forteresse volante qui sert d’univers au redoutable jeu en ligne connu sous le nom de Sword Art Online.

Comme lui, des milliers de joueurs connectés, pris au piège dans ce monde virtuel où le moindre faux pas peut être fatal, luttent pour regagner leur liberté.
Kirito veut conquérir seul les cent étages qui le mèneront au combat final, mais c’est sans compter sur l’obstination d’Asuna, une habile épéiste avec qui il va devoir s’allier.

Démarre alors une course effrénée pour survivre dans un monde où l’art de l’épée fait loi.

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L’univers :

Je vais commencer par parler de l’univers de Sword Art Online. Dans un futur proche, les jeux vidéo sont arrivés à un stade supérieur, celui des VRMMORPG. Pour faire simple, les VRMMORPG sont des jeux massivement multijoueurs, avec la particularité de plonger littéralement dans l’univers du jeu.
On y ressent des sensations similaires à celles observables dans la vraie vie : le vent qui souffle, les divers bruits environnants, la sensation de vitesse, le froid, etc.

L’univers contient des possibilités infinies et un énorme potentiel. Et ça, l’auteur en a bien conscience (comme vous le révèlera la suite de la série, mais ça, c’est pour une autre fois). J’ai réellement eu un coup de cœur pour l’univers de base, non pas celui de Sword Art Online en tant que jeu, mais l’univers global, un futur proche où la réalité virtuelle n’est pas un mythe mais quelque chose de concret.
Pouvoir être plongé dans un jeu ou un univers virtuel et ressentir la majorité des sensations que l’on peut éprouver dans la vraie vie est vraiment fascinant et intéressant.

Dans cette première partie, l’histoire a lieu dans un jeu bien précis : Sword Art Online.
Elle va donc se dérouler pour la plus grande partie dans SAO (SAO = Sword Art Online), plus précisément dans l’Aincrad. C’est le nom de l’immense château flottant dans lequel se déroule l’histoire et l’aventure des différents protagonistes. Aincrad est composé de 100 étages, chacun possédant un boss à affronter. Le but est de battre les 100 boss et d’atteindre le dernier étage du château pour ainsi terminer le jeu.

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Aincrad

Ce principe et cet univers sont tout à fait classiques, et on peut les retrouver dans beaucoup de jeux. Cela dit, ce n’est pas un défaut. Il est très facile de s’imaginer les différents lieux et paysages que rencontreront les protagonistes, surtout pour des lecteurs ayant déjà joué à des jeux fantastiques/médiévaux.
Bien que classique, l’univers de SAO est très féérique et dépaysant, c’est un cadre agréable et apaisant qui contraste avec la pression que transmet ce « jeu ». Évidemment, derrière cette apparence se cachent des zones plutôt angoissantes et lugubres. Il s’en dégage une sensation et un présage assez obscurs, ce qui colle parfaitement avec certaines scènes de l’histoire.

Vu que nous sommes dans un jeu, il y a aussi une faune et une flore conséquentes, comprenant des créatures fantastiques et inexistantes dans la réalité. Les joueurs possèdent aussi diverses capacités physiques et techniques de combat qui seraient inenvisageables dans le monde réel. Ajoutez à tout ça une retranscription très complète et poussée des différents éléments qui font les caractéristiques des MMORPG que l’on connait, comme les points de compétence, les points de vie, des statistiques, des niveaux, des spécialités, des guildes, etc.
On retrouve un monde virtuel et surtout un jeu abouti et complet à tous les niveaux.

Que ce soit le futur proche et sa réalité, ou le jeu en lui-même, SAO offre deux univers très intéressants avec des possibilités énormes, ce qui devient un gros atout pour l’histoire.

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L’histoire :

Parlons maintenant de l’histoire. Comme l’explique le synopsis, des milliers de joueurs sont désormais coincés dans l’univers de SAO avec deux options : la mort ou terminer les 100 étages d’Aincrad. Si l’on meurt dans le jeu, on meurt dans le monde réel. Le principe est simple mais génial, mélanger réalité et monde virtuel en y ajoutant de gros enjeux crée ainsi une tension et une atmosphère particulières. Bien qu’il s’agisse d’un monde virtuel avec des éléments qui nous le rappellent, l’enjeu est bel et bien réel.

L’auteur va exploiter plusieurs angles de vue différents dans son histoire et va essayer d’imaginer ce que peut faire un groupe d’individus dans ce genre de conditions, en tant que groupe tout comme en tant que simple individu. On aura alors des profils divers et variés passant d’un joueur psychopathe qui souhaite montrer sa supériorité dans ce monde virtuel à des joueurs apeurés ne souhaitant pas mourir et restant au lieu de départ ainsi que des joueurs voulant à tout prix terminer le jeu et pouvoir retourner dans le monde réel et les exemples sont encore nombreux. Les personnalités et les buts sont multiples et différents, on a un monde qui semble vivant et où nos sentiments et les risques sont bien réels.

Reki Kawahara va s’amuser et jouer avec nos sentiments et ceux des personnages justement. Tantôt l’histoire sera belle et paisible, tantôt nous retrouverons nos héros aux portes de la mort. De même pour certaines scènes où l’on passera d’une scène dramatique et intense à une scène romantique et apaisante. L’auteur sait manier tout ça sans gros soucis, arrivant à créer une histoire très réaliste qui joue avec la frontière entre le virtuel et le réel.

Cependant, certains défauts sont présents dans l’histoire. Il y a par exemple un saut temporel assez important qui casse le rythme de l’histoire et l’on aimerait bien savoir ce qui a bien pu se passer pendant cette période qui est loin d’être insignifiante.
Pareil pour quelques points qui sont trop peu développés, ce qui peut devenir assez gênant.

L’histoire a beaucoup de qualités et est bien homogène dans son écriture. L’auteur utilise beaucoup d’éléments différents et sait en faire un mélange propre et agréable. Le plus gros défaut est la rapidité de l’histoire à certains moments, un seul tome pour cet arc est vraiment trop peu, c’est d’ailleurs pour cela que Reki Kawahara a débuté une nouvelle série intitulée « Sword Art Online – Progressive » (il s’agit de l’histoire d’Aincrad, mais étage par étage avec beaucoup plus de détails et de développements).

Couverture du tome 1 de Sword Art Online Progressive
Couverture du tome 1 de Sword Art Online Progressive

Les personnages :

Pour faire une bonne histoire, il faut quasi-systématiquement de bons personnages, et SAO ça donne quoi là-dessus ?

Nous avons deux personnages principaux et plusieurs personnages secondaires qui auront un rôle plus ou moins important (souvent minime).

Kirito et Asuna sont les deux personnages principaux. Ils sont assez classiques, mais bien développés au cours de l’histoire, du coup on s’y attache facilement et on éprouve de l’affection pour eux. Certes, ils sont simples, mais cette simplicité est une qualité car on peut facilement s’identifier à eux. Ils ont beaucoup de qualités et de défauts qu’un grand nombre de personnes possèdent. En plus de ça, l’histoire commune que partageront les deux protagonistes ne font qu’augmenter notre attachement pour eux.

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Pour les personnages secondaires, c’est un peu différent. Certains seront attachants et très sympas à suivre mais d’autres seront complètements obsolètes et inutiles, ce qui peut devenir énervant. Heureusement ce ne sont que des personnages secondaires qui n’apparaitront peut-être qu’une seule fois de toute la série, donc c’est vite oublié.

L’auteur a réussi à créer des personnages attachants, touchants et intéressants avec leurs qualités et leurs défauts. Le fait qu’ils soient plus ou moins singuliers ajoute une certaine homogénéité très satisfaisante.

Les illustrations :

L’une des particularités pour de nombreux light novels est la présence d’illustrations à l’intérieur du tome ainsi que sur la couverture. Les illustrations sont signées abec, un illustrateur dont on ne sait que très peu de chose si ce n’est qu’il serait le frère de Yukiko Horiguchi (chara-designer des personnages de Kokoro Connect, K-on!, Tamako Market, etc…).

Les illustrations d’abec sont vraiment jolies, que ce soit les pages en couleur ou celles en noir & blanc. Il maitrise parfaitement les ombrages et fournit des dessins détaillés avec de jolis effets de lumière. Les pages en couleur et la couverture ont une colo vraiment propre et irréprochable.
Pas grand-chose à dire dessus, si ce n’est que j’adore cet illustrateur et son travail.

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Conclusion :

Le premier tome de Sword Art Online est visuellement superbe, grâce aux illustrations d’abec qui embellissent l’univers et nous font partager une vision précise de certains personnages et lieux. L’univers est lui aussi super intéressant avec un potentiel énorme, et l’auteur Reki Kawahara l’a bien compris. Bien que classique, l’histoire contient des éléments super intéressants qui en font un mélange homogène et très captivant à plusieurs niveaux. C’est une très bonne histoire que nous donne ce premier tome.

Cependant, la vitesse de progression de celle-ci peut paraitre trop rapide lors de certains passages et cela devient déstabilisant. Pour finir, les personnages secondaires font parfois office de figurants, mais une bonne partie d’entre eux ajoute de la vie à l’histoire et de bonnes sensations. Ajoutez à ça les deux protagonistes qui sont une force supplémentaire à cette œuvre et qui lui donnent un charme et une chaleur particulière. Au final, ce premier tome est une belle réussite aux nombreuses qualités.

Note finale : 15/20

Couverture du tome 1 en France
Couverture du tome 1 en France

Si vous êtes intéressés par ce light novel qui est vraiment excellent, celui-ci est disponible chez les éditions Ofelbe pour 19.90€. Vous pouvez le trouver sur la boutique de l’éditeur ainsi que sur divers sites comme Amazon, La Fnac ou dans votre librairie.

Sur ce, je vous dis à bientôt pour de prochaines critiques et bonne lecture à vous !

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